Au lendemain de son sommet 'de crise', Nicolas Sarkozy a justifié, jeudi 19 janvier Lyon, l'urgence des réformes contestées qu'il doit engager fin janvier, dont la TVA sociale, et révélé un peu plus le visage du candidat la présidentielle qu'il deviendra d'ici mars.
Depuis le début de janvier, il y a eu les voeux 'bilan' ou les voeux 'annonces'. Voici venus les voeux de campagne. A ceux qui en doutaient encore, c'est en prétendant sa propre succession que le chef de l'Etat s'est présenté jeudi, d'abord devant les ouvriers de l'usine SEB de Pont-Evêque (Isère) puis devant le gratin du monde économique lyonnais pour des voeux très politiques.
Comme il l'avait fait la veille lors de sa réunion avec les partenaires sociaux, Nicolas Sarkozy a longuement justifié l'urgence des décisions qu'il s'apprête prendre pour doper la compétitivité des entreprises.
'ALLÉGER LE COÛT DU TRAVAIL'
'J'ai été élu président de la République pour cinq ans, je travaillerai jusqu' la dernière minute de mon mandat', a-t-il proclamé. 'Vous croyez qu'il est raisonnable de dire aux 120 000 chômeurs de plus que l'année dernière : 'franchement, on n'a pas le temps de décider, souffrez en silence, laissez nous faire notre petite cuisine' ?'
En évitant soigneusement de prononcer le mot qui fâche de TVA sociale, honni par les syndicats, la gauche et une partie de sa majorité, M. Sarkozy a une nouvelle fois insisté sur la nécessité 'incontournable' 'd'alléger le coût du travail pour que la France reste une terre de production'.
Même au prix d'une hausse des impôts. 'On me dit 'faut pas augmenter la TVA, faut pas augmenter la CSG' (...) mais on oublie une chose : si on reste comme on est, les délocalisations continueront, a-t-il lancé. Il faut garrotter les pertes de sang industriel de la France.'
Le chef de l'Etat (...)